– Comment votre équipe adapte-t-elle la communication municipale depuis le 1er septembre 2025, dans le respect du Code électoral ?
Nous sommes effectivement depuis le 1er septembre 2025 en période électorale. La communication que nous avons est donc contrainte par le cadre légal. Ceci étant dit, en tant que groupe d’opposition, nous n’avons de toute façon pas accès aux facilités offertes par une municipalité. Nos outils, que ce soit le tractage, la communication par notre page Facebook ou nos pages personnelles, n’est pas contrainte par le code électoral. En ce sens, nous pouvons travailler de la même manière que d’habitude.
Cependant, au delà de la réglementation la campagne nous oblige à renforcer le volet communication en termes politiques. C’est à dire informer nos concitoyens et concitoyennes du bilan de la majorité sortante, continuer à développer nos propositions et communiquer afin que les habitantes et habitants rentrent petit à petit dans la campagne.
– Comment parvenez-vous à maintenir une information utile et neutre pour les citoyens sans tomber dans la promotion politique ?
Je ne souhaite pas faire de communication « neutre ». Ce n’est pas le sens d’un engagement politique tel que je le conçois. L’objectif reste de s’engager, et donc de prendre position et d’expliquer, quitte à ce que parfois cela suscite le commentaire ou la désapprobation, tout du moins que ça suscite le débat. En revanche, je tiens à garder une approche respectueuse, sincère, honnête. Une campagne politique reste une compétition électorale, il faut construire un projet, dire ce qui ne nous convient pas chez les listes adverses pour expliquer la raison pour laquelle nous ne sommes pas avec eux, et convaincre les électeurs. Ils restent les seuls juges.
– Quel rôle joue la presse locale dans votre stratégie de visibilité et de lien avec les habitants ?
La presse locale a un rôle essentiel à jouer dans une élection municipale. Elle touche un public spécifique, mais surtout elle donne une forme de légitimité à l’action que nous portons. « Je l’ai vu dans le journal » a toujours plus de légitimité que « je l’ai vu sur internet ». Après, je ne tiens pas à me restreindre à la presse locale tout simplement parce qu’une campagne électorale, c’est aussi le contact sans médiation auprès de la population. Et puis il y a désormais les réseaux sociaux qui prennent une place de plus en plus importante dans la communication politique, notamment pour un électorat plus jeune, plus populaire. Il faut réussir à maîtriser les codes de ces différents canaux, ce qui est une vraie gageure tant les codes diffèrent entre les réseaux sociaux entre eux et avec les moyens de communication plus « classiques » (tracts. affiches, presse locale).
– Comment gérez-vous les relations presse dans un contexte électoral encadré ?
Ce n’est pas à moi de m’adapter à ce cadre, ce sont aux médias de le faire. A eux de respecter le temps de parole des uns des autres, leur présence médiatique, etc. En revanche, si un média décide d’interviewer un candidat d’une liste adverse sans prendre attache pour que je le fasse, je le ferai savoir. Directement auprès du média, ainsi que sur les réseaux sociaux. Il m’est arrivé de le faire en 2020 !
– Avez-vous mis en place une charte ou des pratiques spécifiques pour garantir une équité médiatique ?
Comme dit au dessus, je n’ai pas à garantir l’équité de mes concurrents, mais bien l’équité à mon endroit. Ensuite, à chacun de faire son travail pour avoir une voix dans la presse. J’aspire à ce que celle ci soit la plus égalitaire possible dans son traitement médiatique.
– Quels sont les grands axes de votre communication électorale pour mars 2026 ?
Je ne dirai pas tout. Mais il y a naturellement la campagne classique de tractage, collage, à l’aide d’une charte graphique intelligible et qui a du sens, notamment avec un code couleur rouge (social), vert (écologie), jaune (démocratie), violet (féminisme).
Ensuite, je compte beaucoup sur les Réseaux sociaux. C’est un espace incroyable de liberté, et permet de faire connaître ses positions assez facilement. Ca demande un travail spécifique et beaucoup de minutie, mais ça paie.
– Comment votre équipe prépare-t-elle les contenus, visuels et messages de campagne ?
Les contenus sont discutés collectivement. Il existe une équipe com’, constituée exclusivement de militantes et militants, qui réalise les visuels, les vidéos etc. Mais le contenu et la validation de ces contenus nécessite un arbitrage politique. C’est pourquoi, pour les documents les plus importants, ils sont validés en réunion plénière que nous tenons régulièrement tout au long de la campagne. Lorsque le temps presse et que le sujet n’est pas trop sensible, on passe directement par les boucles de messagerie.
– Utilisez-vous des outils numériques ou des formats innovants pour toucher les habitants ?
Bien sûr ! Les vidéos, pour instagram/facebook, sont très efficaces. La vidéo de 45 secondes sur le bétonnage de la place de l’hotel de ville a nécessité plusieurs heures de réalisation (prises de vue, montage, etc). En revanche, le résultat est là avec 20 000 vues cumulées en prenant tous les réseaux sociaux. C’est un beau succès qui permet de populariser un de nos axes de campagne concernant le bilan de la majorité sortante.
– Comment articulez-vous la communication institutionnelle actuelle avec la future communication de campagne ?
Je n’ai pas à le faire. Etant donné que je suis élu de l’opposition, je n’ai pas accès aux communications « institutionnelles ». Cette question est en revanche pleinement posée pour la majorité sortante qui ne peut pas utiliser les moyens de la mairie pour sa campagne.


