À Sotteville-lès-Rouen, le partage de la voirie s'invite à nouveau dans le débat politique local. Dans une communication récente, les élus d'opposition dénoncent le retard pris dans le développement des pistes cyclables et réclament une refonte globale du plan de circulation.
La cohabitation entre automobilistes, piétons et cyclistes reste un sujet de tension dans l'agglomération rouennaise. À Sotteville-lès-Rouen, la tribune publiée par quatre conseillers municipaux d'opposition — Alexis Vernier, Julie Godichaud, Yannick Emeraud et Mélaine Godey — pointe du doigt ce qu'ils qualifient de dysfonctionnements majeurs dans le réseau de mobilités douces de la commune.
Des infrastructures jugées insatisfaisantes
Selon les signataires, la présence constatée de cyclistes sur les voies réservées au métro s'explique par l'absence d'alternatives sécurisées. Ils mettent en cause la praticabilité de plusieurs axes majeurs, citant notamment la place Voltaire — décrite comme un carrefour dégradé et confus —, la rue Raspail, le secteur du Bois de la Garenne ou encore la rue de Quatre-Mares, où l'état de la chaussée et les racines d'arbres entraveraient la circulation des vélos. Le réseau piéton est également visé, avec des difficultés de traversée signalées rue de Paris.
Sur le plan des engagements politiques, l'opposition rappelle la promesse de campagne formulée en 2020 par la majorité municipale d'aménager 10 kilomètres de pistes cyclables durant le mandat. Un objectif loin d'être atteint selon eux, avançant le chiffre de 400 mètres effectivement inaugurés à ce jour.
Un appel à une réflexion globale sur la circulation
Interpellée lors du conseil municipal du 30 septembre, la municipalité aurait indiqué que des aménagements pour modérer la vitesse rue de Paris étaient envisagés à l'horizon d'avril 2027. Une réponse jugée insuffisante par les conseillers d'opposition, qui regrettent l'absence d'échéancier clair concernant une révision d'ensemble du plan de circulation.
Pour l'opposition, la simple baisse de la vitesse autorisée à 30 km/h ou l'apposition de marquages au sol ne sauraient tenir lieu de politique des mobilités. Les élus réclament l'élaboration d'un véritable plan d'apaisement urbain plaçant au centre la sécurité des piétons et des cyclistes, et promettent de maintenir la pression lors des prochains conseils.


