Un créateur engagé et des élus rouennais croisent leurs regards sur l'enjeu fondamental des médias de quartier. Tous s'accordent à dire que ces espaces d'information ne doivent pas être de simples relais de communication institutionnelle, mais de véritables leviers de démocratie vivante. En donnant la parole aux citoyens invisibilisés, aux associations et aux acteurs économiques du quotidien, ils luttent contre la stigmatisation tout en renforçant le lien social. Si les collectivités peuvent soutenir ces démarches par des moyens logistiques, techniques ou financiers, les intervenants rappellent une condition primordiale :
le respect strict de leur indépendance éditoriale. C'est à cette seule condition que ces supports deviendront de véritables outils d'expression participatifs, libres et durables, au service direct de tous les habitants du territoire.
Dorian Justin : “Les médias locaux rendent la démocratie tangible”
Pour Dorian Justin, créateur des Chroniques qui Réunissent, un média de quartier n’est pas un simple relais d’informations. C’est un espace démocratique à part entière. Il rappelle que les médias locaux donnent voix aux habitants, en particulier à ceux qu’on n’entend jamais : personnes invisibilisées, familles, jeunes, professionnels du social, habitants éloignés des institutions. À travers ses podcasts participatifs, il montre comment un média de proximité peut :- lutter contre la stigmatisation,
- transformer des récits individuels en savoirs collectifs,
- renforcer le pouvoir d’agir des citoyens,
- faire émerger une parole publique partagée.
Mayer Rossignol, maire de Rouen : “Un média de quartier peut renforcer la vie locale, mais doit rester indépendant”
Le maire de Rouen se montre prudent : il reconnaît l’intérêt potentiel d’un média de quartier, mais souligne que sa pertinence dépend de sa capacité à réellement informer les habitants sur ce qui se passe chez eux. Il constate que beaucoup d’initiatives locales restent méconnues : projets municipaux, fêtes de quartier, actions associatives, événements culturels. Pour lui, les pouvoirs publics peuvent soutenir ces médias, mais jamais au prix de leur indépendance éditoriale. Il insiste sur trois points :- un soutien possible, mais sans influence politique ;
- la nécessité de formats adaptés pour toucher tous les publics ;
- l’importance de médias capables de rendre visibles les dynamiques locales.
Marine Caron : “La Ville doit faciliter, mais ne jamais orienter les contenus”
Marine Caron, tête de liste de droite pour la mairie de Rouen, partage une vision similaire : la Ville peut aider, mais ne doit pas intervenir dans les choix éditoriaux. Elle imagine plusieurs formes de soutien :- logistique : mise à disposition de locaux, espaces de travail, lieux pour enregistrer ;
- technique : formations numériques, accès à des ressources publiques, aide à la diffusion ;
- informationnelle : communiqués clairs, agenda municipal ouvert, dossiers thématiques accessibles.
Conclusion : Le média de quartier assume sa mission
Ce que révèlent ces trois regards — celui d’un créateur de médias participatifs, celui du maire et celui d’une élue d’opposition — c’est que le média de quartier est un outil démocratique exigeant, loin de la simplicité que certains imaginent. Créer un média de quartier en ligne, ce n’est pas :- ouvrir une page Facebook,
- relayer des infos nationales,
- recopier des communiqués,
- ou publier des flyers numériques.


